jArsène BONAFOUS-MURAT
 
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GLOSSAIRE ET INFORMATIONS TECHNIQUES

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Estampe : terme générique désignant une image réalisée à l'aide d'un élément imprimant, ou matrice, obtenue par l'un des procédés décrits ci-après, ou par la combinaison de plusieurs d'entre eux. Encrée, la matrice est ensuite passée sous une presse pour déposer son empreinte sur une feuille de papier. Une ou plusieurs épreuves peuvent en être tirées.

Estampe originale : La notion conventionnelle d' «estampe originale» désigne une estampe dont le concepteur du dessin est l'exécuteur de la matrice imprimante.

Coup de planche (improprement dénommé «cuvette»). Empreinte laissée par l'épaisseur de la planche d'une gravure, ou d'une héliogravure, dans la feuille de papier sous l'effet de la pression au tirage. Une gravure tirée «hors marges» ne présente pas de coup de planche, le feuillet de papier étant volontairement plus petit que la planche.
I
PROCÉDÉS EN RELIEF

 


Bois gravé.

Le bois dit «de fil», pris dans le sens de la fibre, est gravé au canif et à la gouge, et ce sont les reliefs ainsi dégagés, «épargnés», qui, encrés, donnent l'image. Procédé dit «taille d'épargne».

 

Dürer, Crucifixion

 

Albrecht DÜRER , Crucifixion,
(circa 1500).

Gravure sur bois.

La gravure sur bois, dévolue essentiellement à l'illustration à partir du XIXe siècle, est produite par la gravure au burin sur le bois dit «debout» ou «de bout».

Autrefois, quel que fût le bois employé, on gravait sur une des faces dans le sens du fil du bois ; aujourd’hui on ne grave que sur le bois debout, pressé et préparé convenablement. Il en résulte que le bois conserve toute sa force, et que ses fibres ne sont pas sujettes à s’égrener sous l’effort des outils, comme cela arrivait souvent lorsqu’on gravait sur le bois de fil. (J.-M.-Herman Hammann, Des Arts graphiques, p. 168).

Thomas Bewick
Thomas BEWICK,
Effraie des Clochers (1847).

 

 

Linogravure.

Le linoléum est gravé au canif et à la gouge ; les reliefs dégagés et encrés donnent l'image.

Nicolas Poignon
Nicolas POIGNON,
Nacht-Früehling (2008).
I
PROCÉDÉS EN CREUX

 

Burin.

A l'aide d'un outil en acier, appelé burin, le graveur pénètre le cuivre en creusant un sillon, plus ou moins profond, en forme de V.

Mellan
Burin
  MELLAN,
La sainte Face (1649).

Jean Lutma

Gravure au maillet.

Les orfèvres du XVI e et du XVII e siècle la connaissaient sous le nom de opus mallei ou de travail au maillet, parce qu'elle s'opérait au moyen de pointes ou de ciselets et avec le marteau.
C'est surtout le célèbre Janus ou Jean Lutma (Grœning 1584 † 1669), qui a excellé dans l'opus mallei ; il en a même été regardé longtemps comme l'inventeur. Son fils Jacques Lutma avait gravé en 1681 le portrait de son père et le sien.
(J.- M.-Herman Hammann, Des Arts graphiques, p 227).

Jean LUTMA, Alter Tacitus.
Eau-forte.

Le procédé de la gravure à l'eau-forte consiste en trois opérations principales ; 1° à vernir la planche de cuivre ; 2° à décalquer et à tracer sur cette planche le dessin qu'on veut multiplier ; 3° à la faire mordre par un acide… Le vernis dont on se sert est de différentes compositions, suivant le travail qu'on veut exécuter… Les pointes dont on se sert pour tracer le dessin sur la planche à travers le vernis doivent être de bon acier trempé et de différentes grosseurs…
Le tracé à la pointe terminé, on soumet la planche à l'action du mordant pour creuser les traits…
(J.- M.-Herman Hammann, Des Arts graphiques, p. 213 et suivantes).

Stafano della Bella
Stefano Della BELLA,
La Mort entrainant un vieillard
dans un tombeau.

Pointe sèche.

La pointe sèche, le procédé de gravure le plus direct, consiste à entailler directement la plaque de métal à l'aide d'une pointe d'acier aiguisée.

 
Berthe MORISOT,
Jeune femme au repos (1889).


Manière noire.

La manière noire consiste à grainer une plaque de cuivre de petits trous, à l'aide d'un berceau, demi cylindre fixé sur un manche et hérissé de minuscules pointes. Le grain doit être extrêmement régulier et serré pour retenir l'encre. Si le cuivre, après avoir été minutieusement bercé, est encré et tiré, l'épreuve est d'un noir parfait et velouté. En procédant au grattage, avec un grattoir, ou au polissage, avec un brunissoir, le graveur obtient tous les dégradés possibles, allant du noir profond au blanc lumineux.

 

Wallerant VAILLANT,
Jeune homme lisant,
avec une statue de Cupidon.
 


Gravure en manière du dessin.

le graveur se sert d'une roulette. La roulette est un petit cylindre d'acier tournant sur un axe fixé à un manche et proportionné à la largeur du trait qu'il s'agit de reproduire. La partie extérieure de cette roue est couverte de dents aiguës qui mordent le cuivre verni en plusieurs endroits à la fois.
Puis lorsque l'eau-forte a opéré sur ce premier travail, l'artiste reprend sur le cuivre nu, avec le même instrument, les traits qu'il tient à accentuer particulièrement.
On se sert aussi d'un outil terminé par de petites aspérités inégales [matoir] qui donne des résultats pareils à ceux de la roulette.
(G. Duplessis, conservateur des estampes de la Bibliothèque nationale, L'Histoire de la gravure).

Demarteau (d'après Boucher)
DEMARTEAU (d'après Boucher)
Le sommeil d'Annette.
Impression en sanguine.

 

Aquatinte.

Variante de la morsure à l'acide, permettant d'obtenir des demi-teintes. Au lieu de vernis, la plaque est recouverte d'une fine couche de résine pulvérulente, qui, chauffée par en-dessous, adhère à la surface du métal. La plaque est ensuite soumise à l'action de l'acide, qui ronge le métal entre les grains de résine. On obtient ainsi un effet de teinte.

Goya
GOYA, Por que fue sensible
(1797-1799).

Pierre-Auguste Renoir


Vernis mou.

Apparu à l'extrême fin du XVIIIe siècle, le vernis mou est une variante de l'eau-forte. L'image est dessinée sur une feuille de papier appliquée sur le vernis qui recouvre la plaque. Sous la pression d'un crayon ou d'un bâtonnet, le vernis adhère à la feuille qui, une fois arrachée, laisse le dessin apparent. Soumise à l'action du mordant, puis imprimée, la plaque donne une image très fidèle du dessin original.

Pierre-Auguste RENOIR,
La danse à la campagne
(vers 1900).
PROCÉDÉS PLANOGRAPHIQUES

Lithographie.

La lithographie, impression à l'aide d'une pierre spéciale, est fondée sur le principe chimique de la retenue et du rejet de certains corps, mis en présence de substances déterminées, et, en particulier, du rejet des matières grasses par une surface humide.
Les matières grasses qui servent au travail sur pierre sont dites encres lithographiques ; elles sont le résultat d'une combinaison de produits chimiques et de substances grasses, et se divisent en encre à dessin, crayon, encre à report. Ces matières pénètrent dans les pores de la pierre, qu'elles transforment en oléomanganate de chaux, corps qui a la propriété de retenir certaines encres grasses diversement colorées.
On prépare d'abord la pierre, en la débarrassant de toute matière grasse ; puis, le travail exécuté, on la lave avec une solution d'acide nitrique et on la couvre d'eau gommée. Lorsque le dessin lithographique intervient, un changement chimique s'opère dans la pierre ; les parties touchées par l'encre, le crayon ou l'encre à report se transforment en chaux sébacique, tandis que le reste demeure à l'état de phosphate… ; ces dernières parties refuseront de recevoir l'encre lors de l'impression ; au contraire, les traits qui constituent le dessin, déjà pourvus de matière grasse par l'encre ou le crayon, retiendront l'encre du rouleau d'encrage.
(Frédéric Hesse, La Chromolithographie et la Photochromolithographie. Édition française, Paris, 1897).

Le dessin se trouve donc en surface de l'élément imprimant, sans creux ni relief. Chaque épreuve peut donc être qualifiée d'estampe mais non de gravure (A. B.-M.).

Eugène DELACROIX,
Tigre royal (1829).

 

Jules Chéret
Jules CHÉRET,
Chromolithographie.

X
X
x

Henri Fantin-Latour


Autographie. Papier autographique.

Cette manière, disait Senefelder en parlant de l'autographie, est tout a fait particulière à l'imprimerie chimique, et je suis très porté à croire qu'elle est ce qu'il y a de plus important dans ma découverte. (Cité par Desportes, Le Lithographe, 2e année, p. 76).

L'autographie. - À proprement parler, … la réunion des méthodes à la plume et au crayon, avec toutefois cette différence qu'ici le dépôt des matières grasses qui servent à exécuter le dessin ne se fait pas directement sur la pierre poncée ou grainée, mais sur un papier spécial, préalablement pourvu d'une couche lisse ou grainée : c'est ce dessin sur papier spécial qu'on reporte sur la pierre ou le zinc. (Frédéric Hesse, La Chromolithographie et la Photochromolithographie. Édition française, Paris, 1897).

Henri FANTIN-LATOUR,
Le Paradis et la Péri (1893).
X

 

Report. Papier et encre à report.

On nomme report ou transport, l'action de transporter sur une pierre ou sur un zinc un dessin ou une écriture déjà existant sur une autre pierre ou sur un autre zinc. On emploie pour cette opération un papier et une encre spéciaux, dits à report. (Frédéric Hesse, La Chromolithographie et la Photochromolithographie. Édition française, Paris, 1897).
Papier et encre spéciaux permettent également de transporter sur une pierre ou sur un zinc un dessin ou une écriture existant sur une planche gravée.

Rodolphe Bresdin

Rodolphe BRESDIN,
La Sainte Famille aux cerfs (1871),
transport de l'eau-forte.

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